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11:11 dans HIVER | WINTER 11-12 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Les crises sociales sont des époques au cours desquelles les relations entre les Hommes sont redéfinies. On questionne leur nature, leur configuration, leur symbolique, leurs codes mais aussi leur finalité. Nous traversons, depuis le tournant du siècle, une telle crise. L'excroissance du consumérisme individualiste et utilitariste, libérateur après la dernière guerre mondiale, a laissé la place à une orgie de production de biens éphémères et au triomphe de l'argent devenu une fin. La débâcle de l'économie mondiale depuis 2008 exacerbe l'absurdité de ces débordements et force à réfléchir à une nouvelle configuration de nos interrelations économiques, sociales et politiques. Si les propositions de refontes - nombreuses et variées - ne sont parfois que marginales, voire cosmétiques, leur prolifération sur toutes les tribunes demeure symptomatique du profond besoin que nous avons à redéfinir le lien de civilisation qui nous unit.
Ernest Christophe - The Human Comedy Mask, 1876
La culture en général et les arts en particuliers, comme les sciences, constituent le liant civilisateur par excellence de notre société. Mais aussi - surtout? - le vecteur des interrogations fondamentales sur la nature de ce lien. La place de plus en plus congrue que les arts et les sciences occupent dans nos sociétés n'est pas étrangère à leur assujettissement aux diktats utilitaristes du capitalisme contemporain. Leur rôle comme vecteur de changement social et leur capacité à modeler la civilisation s'est étiolé. Les arts et les sciences devant être utile, ne serait-ce qu'indirectement, à la performance économique des nations. Les politiques culturelles ne sont-elles pas soumises de plus en plus, depuis quelques décennies, à faire la promotion de la vitalité talentueuse des régions? À attirer les classes "créatives," pour reprendre le concept célèbre de Richard Florida, question de stimuler le développement économique des agglomérations urbaines?
10:50 dans IANIK MARCIL, MOTS | WORDS, POLITIQUE | POLITICS | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
« ICARUS : LA CHUTE DE L'EMPIRE »
commissaire : Claudine Hubert
jusqu'au 18 fév | until Feb 18
oboro.net
« Le mythe d'Icare est une incarnation des ambitions démesurées de l'esprit, de l'intellect devenu insensé et de l'avidité de pouvoir. Pensant aux civilisations qui ont vénéré le Soleil, on ne peut que constater leur chute. Je crois que notre monde contemporain n'y échappe pas : le soleil nous brûle littéralement la peau, il assèche la terre et perturbe les champs magnétiques. Tout comme le mythe, les formes actuelles du Pouvoir exposent l'irrationalité et l'avidité qui s'y rattachent. À partir de cette réflexion et de ce point de vue, du moment dans le mythe où Icare est suspendu dans les airs, qu'il désire, qu'il aspire à sa liberté et à sa mort, j'exécute une allégorie de la chute de l'empire capitaliste. » [M.B.]
“The myth of Icarus is an embodiment of the spirit’s measureless ambition, of the intellect gone mad and of a hunger for power. Thinking of the civilizations that venerated the sun, we can only note their fall. I do not think our contemporary world will escape this: the sun literally burning away our skins, drying the earth and disrupting the magnetic fields. As in myth, the current forms of Power lays bare the irrationality and hunger they carry within. From this thought, and this point of view, from the moment in the myth in which Icarus hovers in mid-air, in which he desires, in which he aspires to his freedom and his death, I draw an allegory of the fall of Capitalism’s empire.”
« THE CUDDLE COMMANDOS »
jusqu'au 3 fév | until Feb 3
vitrines du corridor York
fofagallery.concordia.ca
Christopher Moore, Passive Passive Pink (Artillery), 2007-2009
Using humor and satire to address notions of hyper-masculinity, an army of "citizen anti-warriors" will recruit audience to the "Cuddle Commando." Pink flocking-covered "artillery" will fill the vitrines. A series of performances, will also take place in the vitrine space, which will be turned into a "recruitment office" where a squadron of approximately 15 "Cuddle Commando" will recruit new troops. The public is asked to fill out a recruitment form and sign a pledge, appropriating military recruitment procedures. The new members of the Cuddle Commando are then asked to spread the philosophy which this humor-infused performance is meant to bring about, using misdirection to draw attention to the male-driven world of military force we have become so accustomed to in today's culture.
« NON LOIN DE CHANDIGARH »
21 jan au 2 mars | Jan 21 to March 2
vernissage 20 jan 17h30 | Jan 20 ~ 5:30PM
occurrence.ca
Le mieux, c'est de faire semblant de comprendre.
Faire semblant de comprendre, mais en fait ne rien comprendre.
En réalité, je ne comprends rien, strictement rien.
C'est comme ça.
- Gao Xingjian, La Montagne de l'Âme, La Tour-d'Aigues : Éditions de l'aube, 2000, 4 dernières lignes du roman.
L’acte photographique est pour moi lié au déplacement. Que ce soit au coin de la rue ou à l’autre bout du monde, l’errance me procure l’état d’esprit nécessaire à la captation des images. Les photographies ainsi prises me permettent de construire des fictions qui se nourrissent d’impressions, d’émotions ressenties, autant que de brèves incursions dans la culture locale (littérature, cinéma, musique, politique et religion). Je recherche des associations poétiques où les images en séquences s’interpellent pour recréer une réalité qui se veut proche de la mémoire que je garde des lieux et des gens croisés.
« LE SENTIMENT GÉOGRAPHIQUE »
21 jan au 25 fév | Jan 21 to Feb 25
vernissage 26 jan 17h30 | Jan 26 ~ 5:30PM
galerienicolasrobert.com
Dans une nouvelle série d’œuvres sur papier, Simone Rochon propose des territoires fictifs et étranges. Évoquant la forme originelle d’un monde naturel, ces géographies hypothétiques questionnent l’écart entre l’idée d’une nature sauvage et sa représentation, le paysage. L’identité de ces espaces se situe entre le lieu et l’objet : flottant dans le néant, les paysages sont à la limite du microcosme et du macrocosme, de la légèreté et de la pesanteur. En l’absence de repères, ces représentations, pourtant figuratives, demeurent insituables. L’artiste place au cœur de son projet la montagne, archétype d’une nature indomptable et intouchée, empreinte de la trace des transformations qui l’ont produites : l’eau qui ruisselle et qui dilue la couleur, ou encore le parcours des pigments transportés par les coulisses d’encre. Minutieusement, l’artiste s’applique à rendre le paysage dépaysant. D’ailleurs, elle conçoit le sentiment géographique comme l’impression de se retrouver et de se perdre, soi-même, dans le paysage.
In a new series of works on paper, Simone Rochon creates strange, imagined territories. Evoking the natural world in its original form, these hypothetical geographical entities challenge the distinction between the concept of nature and its representation, landscape. Their identity is to be found somewhere between the place and the object: floating in nothingness, the landscapes are at the boundary of microcosm and macrocosm, of lightness and weightiness. In the absence of reference points, these representations—despite being figurative—remain impossible to locate. The artist places the mountain, the archetype of untameable and untouched nature, at the centre of her project. The mountain bears the marks of the transformations that produced it: water streaming down and diluting its colour, pigments carried along by trails of ink. The artist’s meticulous treatment of the landscape changes it into something strange and unexpected. Moreover, she interprets the Sentiment géographique as a simultaneous feeling of finding oneself and losing oneself in the landscape.
« ИСЧЕЗНОВЕНИЕ »
26 jan au 10 mars | Jan 26 to March 10
vernissage 26 jan 17h30 | Jan 26 ~ 5:30PM
galeriesas.com
Fred Laforge s’est beaucoup intéressé aux notions de norme liées à l’image du corps. Avec ce projet, il déplace cette réflexion vers la norme du corps en soi, c’est-à-dire le corps en tant que matériau. Ses dessins et sculptures pixélisés déconstruisent le corps afin de mettre en perspective sa matérialité. Son travail suggère également l’évanescence et l’éventuelle disparition du corps. Aussi, un dialogue avec l’histoire de l’art s’enclenche lorsque l’image figurative se transforme en abstraction.
Fred Laforge ’s work has been turned to the notions of standards linked to the body image. With this project, he moves this perception towards the body standard in itself, i.e. the body as material. Through pixelated drawing and sculptures, the body is deconstructed in order to put its materiality in perspective. His work also suggests the evanescence and eventual disappearance of the body. Moreover, a dialogue with art history is started when the figurative image is changing itself into abstraction.
jusqu'au 4 fév | until Feb 4
sous la direction de Rodrigue Jean
dazibao-photo.org
Il existe à Montréal un quadrilatère, une zone délimitée par les rues Saint-Denis, De Lorimier, Viger et Sherbrooke, une sorte d’épicentre de la prostitution, de la drogue, de l’itinérance et de toutes les activités qui y sont liées. C’est dans cette zone qu’ Épopée prend source. Bouleversant projet collectif initié par le cinéaste Rodrigue Jean, Épopée est constitué d’une série de courts métrages écrits et réalisés en collaboration avec des toxicomanes et des travailleurs du sexe.
There exists in Montreal a district bounded by the streets St. Denis, De Lorimier, Viger and Sherbrooke, a kind of epicentre of prostitution, drugs, homelessness and every activity tied up with these. This is where Épopée is rooted. A staggering group project initiated by the filmmaker Rodrigue Jean, Épopée consists of a series of short films written and made in collaboration with drug addicts and sex trade workers.
jusqu'au 25 fév | until Feb 25
commissaires: Michèle Thériault, Vincent Bonin et Barbara Fischer
ellengallery.concordia.ca
A Genuine Simulation of..., Suzy Lake, 1974. Couverture, Camérart, catalogue de l'exposition, Galerie Optica, Montréal, 1974.
« TRAFIC : L’ART CONCEPTUEL AU CANADA 1965-1980 » organisée par l'Art Gallery of Alberta, la Justina M. Barnicke Gallery et la Vancouver Art Gallery. Au cours des quelque dix dernières années, l’impact mondial de l’art conceptuel a fait l’objet de nombreuses études et expositions historiques. Au Canada, cependant, l’attention portée à l’art conceptuel a été limitée. Trafic. L’art conceptuel au Canada 1965-1980 est la première exposition majeure à explorer l’influence et la diversité de l’art conceptuel au Canada. Elle réunit des œuvres de plus de soixante-dix artistes qui ont participé, sur le plan local, à ce phénomène international.
« TRAFFIC : CONCEPTUAL ART IN CANADA 1965-1980 » organized and circulated by the Art Gallery of Alberta, the Justina M. Barnicke Gallery and the Vancouver Art Gallery. In the past decade, the global impact of conceptual art has been the subject of numerous historical studies and exhibitions. Its various manifestations in Canada, however, have remained a limited concern. Traffic: Conceptual Art in Canada 1965-1980 is the first major exhibition to track the influence and diversity of conceptual art across Canada, bringing together works by over 70 artists who participated locally in this international phenomenon.
jusqu'au 25 fév | until Feb 25
commissaire : Nadia Myre
artmur.com
SONNY ASSU - JASON BAERG - CARL BEAM - KEVIN LEE BURTON - HANNAH CLAUS - BONNIE DEVINE - EDGAR HEAP OF BIRDS - VANESSA DION FLETCHER - NICHOLAS GALANIN - GREG HILL - ROBERT HOULE - MARIA HUPFIELD - RITA LETENDRE - GLENNA MATOUSH - ALAN MICHELSON - NADIA MYRE - MARIANNE NICOLSON - MICHAEL PATTEN - ARTHUR RENWICK - SONIA ROBERTSON - GREG STAATS - TANIA WILLARD
Une manifestation d’art contemporain autochtone nord-américain. La cinquantaine d’œuvres sélectionnées par la commissaire mettent de l’avant les problématiques inhérentes au pouvoir du langage et au territoire dans le contexte colonial – problématiques toujours très vives et au cœur de l’expérience autochtone. Ces œuvres photographiques, picturales, sculpturales, vidéo et installatives dressent un portrait diversifié et fort de la communauté autochtone nord-américaine actuelle. Elles incarnent plusieurs voix s’unissant dans un même discours, illustrent une quête identitaire (les négociations opérées entre les deux systèmes – occidental et amérindien) et affirment la fierté d’une communauté plurielle. Chacune emploie une stratégie différente pour baliser le territoire, pour repousser l’assimilation et contrer l’oubli.
Language lives in the naming of places, and the memory of those places lives in language – combined, they are the building blocks of culture. What happens to a people when they are severed from their language? Severed from their land? How does one speak to the erasure of our historical and collective memories? Or adequately express culture when we have forgotten (or never knew) the words with which to read the landscape? How do we counter what David Garneau calls the “assimilationist project” and move beyond our collective wounds of amnesia, trauma, and psychic loss?