« UNE VIE BIEN REMPLIE »
Commissaires associées : Corinne Bocquet et Caroline Andrieux
jusqu'au 28 août | until August 28
fonderiedarling.org

photo : Guy L'Heureux
Pierrick Sorin s'est fait connaître à la fin des années 80 par ses "auto-filmages", courts métrages ou vidéos ayant pour sujet la vie quotidienne. Dans ces saynètes burlesques, sur un mode tragi-comique, Sorin interprète un anti-héros dont l’existence pathétique ne semble être qu’une succession de gestes insignifiants et autocritiques. Par saturation de l’espace visuel de sa propre représentation, il remet en question un système aliénant, centré sur notre propre personne, qui ne laisse que peu de place à la différence, mais aussi l'art qui est un des modes privilégiés de l'apparition de l'être. Dans l’installation principale Une vie bien remplie - une constellation d’images de l’artiste dans des actions journalières («se lève», «se brosse les dents», «se mouche»,…) - envahit la grande halle de la Fonderie Darling, alors qu’en arrière sur le mur de brique, deux gigantesques auto-portraits se fondent l’un à l’autre.
Pierrick Sorin became known at the end of the 1980s for his "auto-filmages", short films or videos dealing with daily life. In these burlesque skits, tragi-comic in tone, Sorin plays an anti-hero whose pathetic existence seems to be but a succession of insignificant gestures and self-criticisms. By saturating visual space with representations of himself, he puts into question an alienating system, centred on one’s own person, that leaves little room for difference, as well as questioning art as a privileged mode of being. In the main installation, Une vie bien remplie, a constellation of images of the artist in his daily actions (“getting up”, “brushing his teeth”, “blowing his nose”,…) invades the large hall of the Darling Foundry, in whose background two gigantic self-portraits merge on the brick wall.